Evandre - 0629 0674 Admète maudit son père Phérès

           

0629 0674 Admète maudit son père Phérès (Alceste, Euripide)

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Agôn (1) texte et traduction

Alceste 629-674 Un fils maudit son père


ΑΔΜΗΤΟΣ

Οὔτ ΄ ἦλθες ἐς τόνδ ΄ ἐξ ἐμοῦ κληθεὶς τάφον,

οὔτ ΄ ἐν φίλοισι σὴν παρουσίαν λέγω. 630

Κόσμον δὲ τὸν σὸν οὔποθ ΄ ἥδ ΄ ἐνδύσεται.

Οὐ γάρ τι τῶν σῶν ἐνδεὴς ταφήσεται·

τότε ξυναλγεῖν χρῆν σ ΄ ὅτ ΄ ὠλλύμην ἐγώ.

Σὺ δ ΄ ἐκποδὼν στὰς καὶ παρεὶς ἄλλῳ θανεῖν

νέῳ γέρων ὤν, τόνδ ΄ ἀποιμώζεις νεκρόν ; 635

Οὐκ ἦσθ ΄ ἄρ ΄ ὀρθῶς τοῦδε σώματος πατήρ ;

οὐδ ΄ ἡ τεκεῖν φάσκουσα καὶ κεκλημένη

μήτηρ μ ΄ ἔτικτε, δουλίου δ ΄ ἀφ ΄ αἵματος

μαστῷ γυναικὸς σῆς ὑπεβλήθην λάθρᾳ ;

Ἔδειξας εἰς ἔλεγχον ἐξελθὼν ὃς εἶ, 640

καί μ ΄ οὐ νομίζω παῖδα σὸν πεφυκέναι·

ἢ τἄρα πάντων διαπρέπεις ἀψυχίᾳ,

ὃς τηλικόσδ ΄ ὢν κἀπὶ τέρμ ΄ ἥκων βίου

οὐκ ἠθέλησας οὐδ ΄ ἐτόλμησας θανεῖν

τοῦ σοῦ πρὸ παιδός, ἀλλὰ τήνδ ΄ εἰάσατε 645

γυναῖκ ΄ ὀθνείαν, ἣν ἐγὼ καὶ μητέρα

καὶ πατέρα γ ΄ ἐνδίκως ἂν ἡγοίμην μόνην.

Καίτοι καλόν γ ΄ ἂν τόνδ ΄ ἀγῶν ΄ ἠγωνίσω,

τοῦ σοῦ πρὸ παιδὸς κατθανών, βραχὺς δέ σοι

πάντως ὁ λοιπὸς ἦν βιώσιμος χρόνος. 650

Κἀγώ τ ΄ ἒν ἔζων χἤδε τὸν λοιπὸν χρόνον,

κοὐκ ἂν μονωθεὶς ἔστενον κακοῖς ἐμοῖς.

Καὶ μὴν ὅσ ΄ ἄνδρα χρὴ παθεῖν εὐδαίμονα

πέπονθας · ἥβησας μὲν ἐν τυραννίδι,

παῖς δ ΄ ἦν ἐγώ σοι τῶνδε διάδοχος δόμων, 655

ὥστ ΄ οὐκ ἄτεκνος κατθανὼν ἄλλοις δόμον

λείψειν ἔμελλες ὀρφανὸν διαρπάσαι.

Οὐ μὴν ἐρεῖς γέ μ ΄ ὡς ἀτιμάζοντα σόν

γῆρας θανεῖν προὔδωκας, ὅστις αἰδόφρων

πρὸς σ ΄ ἦ μάλιστα· κἀντὶ τῶνδέ μοι χάριν 660

τοιάνδε καὶ σὺ χἠ τεκοῦσ ΄ ἠλλαξάτην . 

Τοιγὰρ φυτεύων παῖδας οὐκέτ ΄ ἂν φθάνοις,

οἳ γηροβοσκήσουσι καὶ θανόντα σε

περιστελοῦσι καὶ προθήσονται νεκρόν·

οὐ γάρ σ ΄ ἔγωγε τῇδ ΄ ἐμῇ θάψω χερί· 665

τέθνηκα γὰρ δὴ τοὐπὶ σ ΄ · εἰ δ ΄ ἄλλου τυχών

σωτῆρος αὐγὰς εἰσορῶ, κείνου λέγω

καὶ παῖδά μ ΄ εἶναι καὶ φίλον γηροτρόφον.

Μάτην ἄρ ΄ οἱ γέροντες εὔχονται θανεῖν,

γῆρας ψέγοντες καὶ μακρὸν χρόνον βίου· 670

ἢν δ ΄ ἐγγὺς ἔλθῃ θάνατος, οὐδεὶς βούλεται

θνῄσκειν, τὸ γῆρας δ ΄ οὐκέτ ΄ ἔστ ΄ αὐτοῖς βαρύ.

ΧΟΡΟΣ : Ἄδμητ ΄ , ἅλις γὰρ ἡ παροῦσα συμφορά,

παῦσαι, πατρὸς δὲ μὴ παροξύνῃς φρένας. 674

Alceste 629-674 Un fils maudit son père

Traduction au plus près du texte; Agôn (1)


Admète Tu n'es pas venu à ces funérailles-ci après avoir reçu une invitation de moi, 629

Et je ne dis pas que toi, présent, (litt ta présence) tu sois au nombre de mes amis. 630

Ta parure, jamais celle que voici ne la revêtira:

Car sans avoir besoin en rien de tes <présents>, elle sera ensevelie;

C'est alors qu'il te fallait partager ma souffrance, lorsque j'allais périr, moi.

Mais toi, t'étant tenu à l'écart, et ayant confié à un autre la charge de mourir,

À quelqu'un de jeune, alors que tu étais un vieillard, tu pleures sur ce cadavre! 635

N'étais-tu donc pas véritablement le père de cette personne que je suis, là ?

Et celle qui prétend m'avoir engendré et qui est appelée

Ma mère ne m'a-t-elle pas non plus engendré, mais, à partir d'un sang d'esclave

Ai-je été placé sous le sein de ta femme, en secret?

Tu as montré, en en venant à la preuve, qui tu es, 640

Et je ne crois pas, moi, que je suis par nature ton enfant;

Ou alors, tu te distingues entre tous par ta lâcheté,

Toi qui, en étant d'un tel âge et parvenu au terme de ta vie,

N'as pas consenti ni n'as eu l'audace de mourir

À la place de ton propre enfant, au contraire : vous avez laissé <faire> cette 645

Femme étrangère, que moi je pourrais considérer comme ma mère

Et comme mon père, certes, à bon droit, à elle seule.

Pourtant, assurément, tu aurais affronté (2ème pers aor) ce beau combat,

En mourant à la place de ton enfant, et tout à fait bref pour toi,

Était le temps de vie qui te restait. 650

[et moi et celle que voici (crase) vivrions (accord de proximité) le temps qui nous resterait,

et, laissé seul, je ne gémirais pas sur mes malheurs]

Et vraiment, tout ce qu'il faut qu'un homme éprouve d'heureux,

Tu l'as éprouvé; tu étais d'une part dans la fleur de l'âge pendant ta royauté, 655

Tu m'avais d'autre part, moi, comme enfant, comme héritier de ce palais-ci,

Si bien que, en mourant sans être dépourvu d'enfant, tu n'allais pas laisser

À d'autres un palais sans héritiers, pour qu'ils le pillent.

Non, vraiment, tu ne diras certes pas que, parce que j'ai manqué de respect

Pour ta vieillesse, tu m'as livré à la mort (expr.), moi qui étais d'un esprit plein d'égards

Pour toi, parfaitement; et en échange de cela, pour moi, telle est 660

La reconnaissance que, toi et celle qui m'a engendré, m'avez donné tous deux.

Eh bien donc, tu n'as plus de temps à perdre pour engendrer des enfants

Qui nourriront ta vieillesse et, quand tu seras mort,

habilleront et exposeront le cadavre;

Car pour ma part, je ne t'ensevelirai pas avec cette main qui est la mienne! 665

Car je suis mort, oui, en ce qui te concerne; et si (puisque) ayant rencontré un autre

Sauveur, je contemple les rayons du soleil, je dis que c'est de lui

Que je suis l'enfant et le protecteur de sa vieillesse.

C'est donc en vain que les vieillards supplient de mourir,

En blâmant la vieillesse et un long temps de vie; 670

Et quand la mort arrive, toute proche, aucun ne veut

Mourir, et la vieillesse ne leur est plus pénible (lourde).


Coryphée Admète, il est suffisant, le malheur présent,

Arrête! Et n'irrite pas le cœur d'un père. 674



Mots de liaisons


bonheur deuil mort piété et pietas pouvoir vieillesse

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