Evandre - 295 305 Le passeur Charon

           

295 305 Le passeur Charon (Enéide chant 06, Virgile)

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les âmes en attente du passage du Styx

Énéïde VI,295-316


Hinc via Tartarei quae fert Acherontis ad undas. 295

Turbidus hic caeno vastaque voragine gurges

aestuat atque omnem Cocyto eructat harenam.

Portitor has horrendus aquas et flumina servat

terribili squalore Charon, cui plurima mento

canities inculta jacet, stant lumina flamma, 300

sordidus ex umeris nodo dependet amictus.

Ipse ratem conto subigit velisque ministrat

et ferruginea subvectat corpora cumba,

jam senior, sed cruda deo viridisque senectus.

Huc omnis turba ad ripas effusa ruebat, 305

matres atque viri defunctaque corpora vita

magnanimum heroum, pueri innuptaeque puellae,

impositique rogis juvenes ante ora parentum:

quam multa in silvis autumni frigore primo

lapsa cadunt folia, aut ad terram gurgite ab alto 310

quam multae glomerantur aves, ubi frigidus annus

trans pontum fugat et terris immittit apricis.

Stabant orantes primi transmittere cursum

tendebantque manus ripae ulterioris amore.

Navita sed tristis nunc hos nunc accipit illos, 315

ast alios longe summotos arcet harena.


Enéïde VI v295-316

Vocabulaire :

Fréquences 1 et 2 :

amnis,is,m : cours d’eau, fleuve

annus,i : l'année, la saison

cado,is,ere,cecidi,casum : tomber, succomber

careo,es,ere,carui : ne pas avoir, manquer

erro,as,are : errer, se tromper

fallo,is,ere,fefelli, falsum : tromper, échapper à

jaceo,es,ere jacui : être étendu

numen,inis : puissance divine, divinité

senex,is (senior) : vieux, âgé

tristis,is,e : triste, affligé; dur , inflexible, sinistre

turba,ae : trouble, désordre, foule


Fréquences 3 et 4

labor,eris,i,lapsus sum : glisser

pendeo,es,ere, pependi (dependeo) : être pendu, suspendu

pontus,i : la mer (terme d'origine grecque)

ratis,is : radeau, bateau

ripa,ae : rive

senectus,utis : vieillesse

sero,is,ere,sevi,satum : semer, planter

sordidus,a,um : sale


ne pas apprendre

aestuo,as,are : bouillonner,bouillir

amictus,us : morceau d'étoffe

apricus,a,um : ensoleillé

arceo,es,ere : écarter de

arena,ae (harena,ae) : le sable, la grève, le rivage

ast = at : mais

caenum,i : boue, fange

canities,ei,f : la barbe (ou les cheveux) blanche

Cocytus,i,m : le Cocyte (Cocyto = in Cocytum)

contus,i,m : la perche, la gaffe

crudus,a,um : vigoureux, solide

cumba,ae : la barque, l'esquif (mot d'origine grecque)

defungor,eris,i,functus sum +abl : s’acquitter de, accomplir

ferrugineux,a,um : rouillé, couleur de rouille

frigus,oris : le froid, l’hiver

fugo,as, are : faire fuir

glomeror,aris,ari : se grouper

gurges,itis,m : le gouffre

horrendus,a,um : redoutable, qui fait frissonner

innupta,ae :vierge

inops,opis :sans ressources

inhumatus,a,um sans sépulture

mentum,i : menton (mento = in mento)

miseror,aris,ari : déplorer, plaindre

ministro,as,are + datif : être au service de, manœuvrer

portitor,oris : le passeur

rogus,i : bûcher funèbre

squalor,oris :crasse (ablatif de qualité)

stagnum,i :étang

subigo,is,ere,egi,actum : pousser

sub-moveo,es,ere ,movi,motum : faire reculer

sub-veho,is,ere : transporter

trans-mitto,is,ere : se faire passer (avec cursum, accusatif d'objet interne : effectuer la traversée)

transportare + 2 acc : faire passer sur

turbidus,a,um : agité, violent

ulterior,ius d’en face

viridis,is,e : plein de sève, verdoyant, robuste

vorago,inis abîme, gouffre (ablatif de qualité, qualifiant gurges)



TRADUCTIONS

Vers 295-316

"Traduction" de Delille (1813)

De là vers le Tartare un noir chemin conduit ;

C’est là que l’Achéron, bouillonnant à grand bruit,

Dans le Cocyte affreux vomit sa fange immonde

L’effroyable Charon est nocher de cette onde.

D’un poil déjà blanchi mélangeant sa noirceur,

Sa barbe étale aux yeux son inculte épaisseur ;

Un nœud lie à son cou sa grossière parure.

Sa barque, qu'en roulant noircit la vague impure,

Va emportant les morts sur l’avare Achéron ;

Sans cesse il tend la voile ou plonge l’aviron.

Son air est menaçant, et de profondes rides

Ont creusé son vieux front de leurs sillons arides ;

Mais, à sa verte audace, à son œil plein de feu,

On reconnaît d’abord la vieillesse d’un dieu.

D’innombrables essaims bordaient les rives sombres ;

Des mères, des héros, aujourd’hui vaines ombres,

Des vierges que l’hymen attendait aux autels,

Des fils mis au bûcher sous les yeux paternels ;

Plus pressés, plus nombreux que ces pâles feuillages

Sur qui l’hiver naissant prélude à ses ravages,

Ou que ce peuple ailé qu’en de plus doux climats

Exile par milliers le retour des frimas,

Ou qui, vers le printemps, aux rives paternelles

Revole, et bat les airs de ses bruyantes ailes :

Tels, vers l’affreux nocher ils étendent les mains ;

Implorent l’autre bord. Lui, dans ses fiers dédains,

Les admet à son gré dans la fatale barque,

Reçoit le pâtre obscur, repousse le monarque.


Bellessort Les Belles Lettres, 1960

De là part la route qui conduit, dans le Tartare, aux flots de l’Achéron. Ce sont des tourbillons de boue, un gouffre, un vaste abîme qui bouillonne et vomit tout son limon dans le Cocyte. Un horrible passeur garde ces eaux Enéïde VI v295-




Mots de liaisons


automne âme Charon comparaison homérique deuil enfers (description des) feu feuilles héros hiver oiseaux vieillesse

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