Evandre - 0698 0725 Premier récit de Jocaste

           

0698 0725 Premier récit de Jocaste (Oedipe Roi, Sophocle)

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Le meurtre de Laïos

Œdipe-Roi vers 698-725 :

le récit de Jocaste


ΙΟ.

Πρὸς θεῶν, δίδαξον κἄμ’, ἄναξ, ὅτου ποτὲ 698

μῆνιν τοσήνδε πράγματος στήσας ἔχεις.

ΟΙ.

Ἐρῶ - σὲ γὰρ τῶνδ’ ἐς πλέον , γύναι, σέβω - 700

Κρέοντος, οἷά μοι βεβουλευδὼς ἔχει.

ΙΟ.

Λέγ’, εἰ σαφῶς τὸ νεῖκος ἐγκαλῶν ἐρεῖς.

ΟΙ.

Φονέα μέ φησι Λαΐου καθεστάναι.

ΙΟ.

Αὐτὸς ξυνειδὼς ἢ μαθὼν ἄλλου πάρα;

ΟΙ.

Μάντιν μὲν οὖν κακοῦργον εἰσπέμψας , ἐπεὶ 705

τό γ’ εἰς ἑαυτὸν πᾶν ἐλευθεροῖ στόμα.

ΙΟ.

Σύ νυν ἀφεῖς σεαυτὸν ὧν λέγεις πέρι

ἐμοῦ ‘πάκουσον καὶ μάθ’ οὕνεκ’ἐστί σοι

βρότειον οὐδὲν μαντικῆς ἔχον τέχνης·

φανῶ δέ σοι σημεῖα τῶνδε σύντομα· 710

χρησμὸς γὰρ ἦλθε Λαΐῳ ποτ’ , οὐκ ἐρῶ

Φοίβου γ’ ἀπ’ αὐτοῦ, τῶν δ’ὑπηρετῶν ἄπο,

ὡς αὐτὸν ἥξοι μοῖρα πρὸς παιδὸς θανεῖν

ὅστις γένοιτ’ ἐμοῦ τε κἀκείνου πάρα.

Καὶ τὸν μεν´, ὥσπερ γ’ ἡ φάτις, ξένοι ποτὲ 715

λῃσταὶ φονεύουσ’ ἐν τριπλαῖς ἁμαξιτοῖς·

παιδὸς δὲ βλάστας οὐ διέσχον ἡμέραι

τροῖς, καί νιν ἄρθα κεῖνος ἐνζεύξας ποδοῖν

ἔρριψεν ἄλλων χερσὶν εἰς ἄβατον ὄρος.

Κἀνταῦθ’ Ἀπόλλων οὔτ’ ἐκεῖνον ἤνυσεν 720

φονέα γενέσθαι πατρός, οὔτε Λάϊον,

τὸ δεινὸν οὑφοβεῖτο, πρὸσ παιδὸς θανεῖν.

Τοιαῦτα φῆμαι μαντικαὶ διώρισαν,

ὧν ἐντρέπου σὺ μηδέν· ὧν γὰρ ἂν θεὸς

χρείαν ἐρευνᾷ, ῥᾳδίως αὐτὸς φανεῖ. 725


Œdipe-Roi vers 698-725

Vocabulaire

Fréquence 1 :

ἀπό + Γ : en s’éloignant de, à partir

ἀφίημι : abandonner, laisser

ὲγ-καλέω,ῶ : accuser (de + génitif)

ἐνταῦθα : alors, donc

ἐπεί : puisque

ἵστημι : placer debout, dresser

καθίστημι : établir, (parf.2 être)

κεῖνος = ἐκεῖνος : celui-ci

ξένος,ου (ὁ) : l' étranger

ξύνοιδα (σύνοιδα) : j’ai conscience, je suis persuadé

παρά + Γ : de la part de

περί + Γ : au sujet de

ποτε, ποτέ : un jour, alors, enfin

ποῦς, ποδός (ό) : le pied

πρός + Γ : de la part de, du côté de

ῥᾳδίως : facilement

σημεῖον,ου (τό) : le signe, la preuve

στόμα,ατος (τό) : la bouche

τρεῖς,τρεῖς,τρία : trois

φαίνω,φανῶ,ἔφηνα, πέφαγκα : montrer

χείρ,χειρός (ή) (χερσίν) : la main, le bras

ὥσπερ : comme


Fréquence 2 :

δι-ορίζω : délimiter clairement

ἐλευθερόω,ῶ : libérer

λῃστής,ου (ὁ) : le brigand

μοῖρα,ας (ή) : le destin

ὄρος,ους (τό) : la montagne

ῥίπτω : jeter, exposer, abandonner

σέβω : respecter, vénérer

τοσόσδε,τοσήδε,τοσόνδε : tel, pareil

φονεύς,έως (ὁ) : meurtrier

φονεύω : assassiner

χρεία : l’usage, l’emploi

φήμη,ης (ή) : la parole


Tout le reste du vocabulaire :

ἄβατος,ος,ον : inaccessible

ἄρθρον,ου (τό) : l’articulation

βλάστη,ης (ή) : le rejeton, le rejet

βρότειος,α,ον : mortel

διέχω : écarter, s’étendre, s’écouler

εν-ζεύγνυμι : lier

ἐπ-ακούω : écouter

ἐρευνάω,ῶ : rechercher

μαντικός,ή,όν : d’un devin, prophétique

μῆνις,εως (ἡ) : la colère

νεῖκος,ους (τό) : la querelle, la dispute

οἷα = ἅτε : étant donné que

ἐς πλέον : expr. adv. : davantage

σύντομος,ος,ον : raccourci, concis

ὑπηρετής,οῦ (ὁ) : le serviteur

φατίς,έως (ή) : la rumeur publique, le bruit

χρησμός, οῦ (ὁ) : l’oracle


Grammaire

Déclinaison à revoir :Βασιλεύς,έως (ὁ)

Conjugaisons à (re)voir :

οἶδα (εἰδώς)

ἵημι (εἵς)


Œdipe-Roi vers 698-725 : traduction au plus près du texte

le récit de Jocaste


Jocaste

Par les dieux, apprends-moi également, prince, à cause de quelle affaire donc 698

Tu as conçu une si grande colère..

Œdipe

Je te parlerai – car toi, plus que ceux-ci, femme, je te respecte – 700

<c’est> à cause de Créon, étant donné ce qu’il a complètement machiné contre moi.

Jocaste

Parle, pour voir si tu parleras clairement en l’accusant de cette querelle.

Œdipe

Il prétend que je me trouve être le meurtrier de Laïos, moi.

Jocaste

En s’en étant convaincu lui-même, ou en l’ayant appris d’un autre ? 705

Œdipe

Eh bien, ayant envoyé le devin scélérat, puisque

Quant à ce qui le concerne, il garde complètement libre sa bouche.

Jocaste

Donc toi, t’étant dégagé toi-même au sujet de ce que tu dis,

Ecoute-moi, et apprends que, en ce qui te concerne, il n’existe

Rien de mortel qui participe de l’art des devins ; 710

Et je te montrerai les preuves concises de cela :

Car un oracle est venu un jour à Laïos, je ne dirai pas

De Phoïbos lui-même, mais de ses serviteurs,

<Prétendant> que vers lui, arriverait la destinée de mourir par le fait de l’enfant

qui naîtrait de moi et de lui.

Et d’une part lui, comme du moins <c’est> la rumeur, des étrangers donc, 715

Des brigands l’assassinent au carrefour de la route carrossable ;

D’autre part , depuis la naissance de l’enfant, trois jours ne s’éloignèrent pas,

Que lui, l’ayant attaché quant aux articulations des pieds,

Il l’abandonna grâce aux mains d’autres personnes sur une montagne inaccessible.

Et alors <= par conséquent> Apollon n’a amené comme résultat 720

Ni que celui-ci devienne le meurtrier de son père, ni que Laïos,

-horrible malheur qu’il redoutait -, meure de la main de son enfant.

Telles <étaient> les choses <que> les paroles des devins définirent,

Dont toi, tu ne dois te préoccuper en rien ; <les choses> en effet dont un dieu

Cherche l’utilité (= ce qu’un dieu juge utile qu’on sache), il les manifestera facilement lui-même.725



Mots de liaisons


abandon Apollon/Phoebus brigand colère Créon Delphes Jocaste Laïos meurtre oracle religion savoir Tirésias

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